
Visite de Saint Ybard : sur les traces de Simone De Beauvoir
Le 21 mai dernier, 25 Amopaliens venus de Tulle, Brive et Ussel se sont rendus à Saint Ybard pour une visite de ce charmant village.
Nous avons été reçus et guidés par M. Jean-Jacques Dumas, ancien Maire de la commune et par Laurence Gerbe, Amopalienne et adjointe au Maire de la commune nouvelle des Trois Saints.
Jean-Jacques Dumas, a été maire de Saint Ybard depuis 1989 puis de la commune nouvelle des Trois Saints de janvier 2025 à mars 2026. Il a passé 37 années au service de sa commune.
Dans un registre à la fois comique et sérieux, monsieur Dumas a présenté les caractéristiques de ce territoire, ses priorités d’élu rural.




Laurence Gerbe et Jean-Jacques Dumas
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- Une population maintenue stable jusqu’à présent grâce au bassin d’emplois de Lubersac Pompadour , d’ Uzerche et aux voies autoroutières proches.
- L’agriculture est l’activité économique dominante avec de grandes fermes de 150 à 200ha, une dizaine d’agriculteurs dont 4 ou 5 sélectionneurs.
- Le tissu associatif riche rend le village vivant.
- Une entreprise d’alimentation animale qui emploie plus de 100 personnes.
L'élu expose les priorités qui ont toujours été les siennes :
- Maintenir des commerces: boulangerie, restaurants, bar, fromager ambulant, coiffeuse.
- Entretenir le patrimoine bâti en devenant acquéreur des bâtisses en les restaurant comme ce fut le cas d’une maison du XIX transformée en hôtel, du restaurant devenu salle d’exposition, de la bibliothèque et la rénovation de plusieurs appartements mis en location.
- l’église magnifiquement rénovée connut 10 ans de travaux.
L’élu doit constamment entretenir les 102km de routes communales , un poste coûteux !
Il a poursuivi par la visite commentée de l’église mettant en valeur les éléments remarquables tels que les litres funéraires, les plafonds à caissons du chœur, le retable et le chemin de croix repeints.e




Les amopaliens ont ensuite découvert l'allée très végétalisée puis le jardin de la mairie pour se rendre au parc paysager de Garaboeuf pour découvrir les ruines du château , l’étang, la zone humide et les aménagements ludiques.




Le repas délicieux et copieux a été servi au restaurant le saint-Ybar en toute convivialité.








C’est à l’ombre d’un catalpa que nous ont reçus Martial et Daniele Dauriac .
Martial, petit-neveu de Simone, a dévoilé la généalogie des de Beauvoir de l’acquisition des terrains et de la maison à aujourd’hui

C’est dans ce lieu "de paradis", terme utilisé par Simone dans ses lettres et ouvrages, qu’elle a passé tous ses étés chez son grand-père Ernest jusqu’en 1929 . Elle jouissait d’une grande liberté dans ce magnifique parc paysager .

C’est Ernest de Beauvoir, l’arrière grand-père de Martial Dauriac, qui, dans les années 1880, a créé le parc que Danièle, épouse de Martial, a commenté en détail tout le long de la visite.




Ernest de Beauvoir voyageait et entretenait des relations avec les botanistes du Jardin des plantes à Paris.
C’est ainsi qu’ont été implantés les arbres majestueux que les visiteurs ont pu admirer : séquoias, catalpas, mais aussi hêtres pourpres ou tortueux, saules pleureurs, fougères comme l’Osmonde royale.
Ces végétaux ont vécu et les familles de Beauvoir et Dauriac se les sont appropriés et en assurent la pérennité .
Nous avons eu la chance de pénétrer dans la cuisine et le salon qu’occupait Simone lors de ses vacances. Ce fut un moment riche d’émotions.



Martial DAURIAC




Beaucoup d’émotion lors de la visite de l’intérieur où la jeune Simone passait de joyeuses vacances d’été.
Ces merveilleux moments sont présents dans son livre « Mémoires d’une jeune fille rangée ».
C’est de la cuisine, près du salon, que s’échappaient les bonnes odeurs de chocolat chaud.
Danielle DAURIAC
« Mon amour pour la campagne prit des couleurs mystiques. Dès que j'arrivais à Meyrignac, les murailles s'écroulaient, l'horizon reculait. Je me perdais dans l'infini tout en restant moi-même. Je sentais sur mes paupières la chaleur du soleil qui brille pour tous et qui ici, en cet instant, ne caressait que moi. Le vent tournoyait autour des peupliers : il venait d'ailleurs, il bousculait l'espace, et je tourbillonnais, immobile, jusqu'aux confins de la terre.
Quand la lune se levait au ciel, je communiais avec les lointaines cités, les déserts, les mers, les villages qui au même moment baignaient dans sa lumière. Je n'étais plus une conscience vacante, un regard abstrait, mais l'odeur houleuse des blés noirs, l'odeur intime des bruyères, l'épaisse chaleur du midi ou le frisson des crépuscules ; je pesais lourd, et pourtant je m'évaporais dans l'azur, je n'avais plus de bornes. »
C'est au contact de la nature et au cours de longues promenades solitaires dans la campagne que le désir d'une vie « hors du commun » se forge en elle.

Simone De Beauvoir
Œuvres principales:
Le Deuxième Sexe
Les Mandarins
L'Invitée
Mémoires d'une jeune fille rangée
La Force de l'âge
La visite s’est clôturée autour d’un verre de sirop de sureau maison.
