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Il a quitté la maison


Il a quitté la maison à l'aube,
Dans une atmosphère glauque,
Un baiser sur le front de sa mère
Et la guerre dans le regard, sans encore la connaître.

Le sac trop lourd, le cœur encore plus,
Il a laissé derrière lui des rires,
Une table encore chaude du dîner, 
Même pas encore terminé

Là-bas, il s'est fait des frères,
Des prénoms gravés dans la dalle,
Des amitiés nées sous les balles,
Plus solides que l'acier des fusils
Qu'on déballe.

Mais la guerre compte à rebours,
Un rire de moins chaque jour,
Un lit vide, un casque abandonné,
Et le silence après les avoir entendus crier.

Les appels de la maison se sont espacés,
D'abord chaque soir, puis chaque mois,
Jusqu'à ce qu'il se demande, la nuit,
S'il existait encore quelqu'un pour moi.

Sous les balles, les souvenirs revenaient :
La voix de son père, le rire de son frère,
Chaque échange de feu réveillait le passé,
Comme si la mort fouillait sa mémoire.
Puis il y a eu ce blanc,
Un souffle glaçant, une lumière violente,
Sa vue s'est brouillée, le monde a disparu,
Et le temps s'est suspendu.

Il a revu ce qu'il a perdu,
Ses frères tombés sans dire au revoir,
Leur sourire intact,
Comme s'ils l'attendaient de l'autre côté.

Puis sa famille est apparue,
Les appels jamais oubliés,
Les nuits passées à prier,
Les larmes cachées.

Il a compris trop tard qu'on n'oublie pas ceux qu'on aime,
Et dans cet espace blanc suspendu entre la vie et l'absence,
Il a serré tous les visages dans son cœur,
Avant de basculer de l'autre côté du silence.

 

Louis SAULNIER
 

LE LYCÉE

 

Sous les lumières du matin pressé,

Le lycée se réveille, un peu froissé.

Des pas résonnent dans les longs couloirs,

Chargés de rêves, de doutes profonds.

Les murs connaissent tous nos secrets,

Les rires étouffés, les regards inquiets.

Entre deux cours, le temps suspend

Des instants fragiles, adolescents.

Les cahiers s'ouvrent comme des fenêtres,

Sur un monde qu'on apprend à connaître.

Maths sévères, poèmes vieux,

Tout se mélange au creux des mains.

On y grandit sans trop s'en rendre compte,

Entre une peur, un espoir qui monte.

Le lycée, ce n'est pas qu'un lieu,

C'est un passage, un feu précieux.

Et quand un jour on tourne la page,

Il reste en nous cet héritage :

Des souvenirs gravés doucement,

D'un temps flou, mais tellement vivant.

Léane PLAS

Calligrammes

La clef de dix

 

Taille : 10cm / 2cm Composant : chrome vanadium Couleur : gris métallique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La clef de dix, c'est l'ennemi des mécaniciens. C'est la plus utilisée mais la plus perdue également. Je me souviens encore avoir passé des après-midi entières à la chercher partout dans l'atelier avec mon père derrière moi qui me mettait la pression.

La clef de dix, elle est précieuse mais elle aime bien jouer à cache-cache. Elle me fait beaucoup penser à un petit enfant fougueux qui court partout, qui aime bouger.

Une fois en me couchant, j'ai senti quelque chose de froid dans mon lit, j'ai donc levé ma couette et qu'est-ce que j'ai vu ? Ma clef de dix posée tranquillement dans mon lit !

Enzo FOURNIER

Maéva CHEURLIN

Responsables de la publication :

Gilles TISSANDIER

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