top of page

Jeune nouvelle

Miracles du ciel

 

Je vais vous parler d'un miracle qui s'est réellement produit. C'est l'histoire d'une famille qui croyait en Dieu. Il y avait trois filles et je vais vous parler surtout de la cadette qui s'appelle Annabelle. La petite famille vient de déménager. Anna a dix ans. Son papa avait investi toutes leurs économies dans son nouveau cabinet de soins pour animaux.

Un soir la mère alla faire un bisou à toutes ses filles. Les parents étaient en train de parler en bas et tout d'un coup, la cadette se mit à vomir. Alors, le lendemain matin, ils allèrent voir un médecin. Son ventre était énorme. Ce médecin disait qu'elle ne digérait tout simplement pas le lait. Mais la mère ressentait qu'il y avait quelque chose de plus grave. Ils retournèrent chez eux. La nuit d'après, elle se mit encore à vomir. Puis un soir, elle cria et cria, encore et encore. Alors sa mère alla la voir.

Et c'est là que le cauchemar commença. Ils allèrent à l'hôpital et le médecin dit que ce n'était rien de grave mais la mère ressentait toujours que c'était grave. Elle s'énerva et réclama un médecin plus compétent. Le médecin alla chercher son responsable. Il fit une radio et se rendit compte que des intestins étaient entrelacés et la nourriture ne pouvait pas passer. S'ils ne faisaient rien, Anna allait mourir. Ils commencèrent donc à lui donner des médicaments et à la nourrir par des piqures. Le médecin leur recommanda d'aller voir un médecin spécialisé pour les enfants qui étaient au bout du pays. Sauf qu'ils n'avaient plus d'économies. La maman et Annabelle y allèrent quand-même en avion. Arrivées là-bas, elles sont allées à l'hôpital mais elles étaient sur la liste d'attente. Il fallait attendre qu'un enfant meure pour qu'Annabelle puisse voir ce médecin.

Après quelques jours, elles eurent un rendez-vous. Ce médecin voulait essayer un traitement mais il pouvait entraîner des effets secondaires comme un arrêt cardiaque, une forte douleur à la tête...

Après plusieurs semaines, elle avait encore un gros ventre et des douleurs atroces et voulait mourir. Le médecin ne pouvait rien faire d'autre. Il la renvoie chez elle pour qu'elle profite de sa famille durant les derniers jours de sa vie.

Un matin, la maman est au téléphone et Annabelle s'ennuie. Sa sœur aînée lui propose de monter sur l'arbre de leur enfance. Elles sont montées sur une branche, celle-ci a commencé à casser. Dans l'affolement, Anna tombe dans le tronc de l'arbre tête première, de dix mètres de hauteur. Les pompiers n'arrivent pas à sortir son corps. La maman, suivie du papa, des sœurs, des voisins, des inconnus et des pompiers se mettent à prier devant l'arbre. Anna sort enfin du tronc. Elle est emmenée en hélicoptère à l'hôpital. Elle n'a aucune fracture et rentre chez elle. Son ventre est dégonflé.

Elle explique qu'elle est sortie de son corps. Elle a vu un papillon, l'a touché et s'est retrouvée au paradis. Elle communiquait avec Dieu sans mot. Dieu lui a fait comprendre que sa place était avec sa famille et qu'elle allait guérir. Aujourd'hui, Annabelle a dix-sept ans et vit comme n'importe quelle adolescente.

Justine ESCURAT

Abigaël

Bonjour!

Je m'appelle SKÔLL Maya, vétérinaire en 2057, j'ai 33 ans.

Ma famille est constituée de cinq chats, six lapins nains, un hamster, trois chiens et enfin une vingtaine de poules.

Aujourd'hui est un jour un peu spécial pour moi, le dispositif que j'ai créé va être présenté et proposé à la vente.

Allez! Je vous explique!

J'ai un rêve depuis l'âge de douze ans, celui de pouvoir parler à mon chien « Poupi », car je suis certaine qu'il me comprend.

Vous ne vous êtes jamais posé la question, vous? Je suis certaine que beaucoup de gens se posent cette question. Et que nombreux sont ceux qui aimeraient pouvoir communiquer, parler avec leur animal de compagnie.

Ils sont avec nous, ils partagent notre vie pour de nombreuses choses. Et souvent, très souvent, on entend: Ha! il ne lui manque plus que la parole! Oui!

Et bien moi j'ai eu l'idée complètement folle de vouloir inventer une puce électronique qui permettrait de pouvoir parler avec son animal.

Mais à treize ans, il n'est pas bien évident de le faire!

Pour cela, il m'a fallu sept ans de recherches pour comprendre le comportement, étudier, observer etc...

Je me suis aidée de mon fidèle compagnon Poupi. J'ai fabriqué et imaginé un boîtier des plus ingénieux attaché au collier de mon ami qui n'a pas fonctionné tout de suite!

Avec l'aide de différents professeurs ainsi que l'aide précieuse de mon grand frère pour la partie scientifique du projet. Cinq ans plus tard, j'approchais du but.

Vous allez vous poser une question très simple, vous lecteurs!

Vous vous demandez: Comment fait-elle, si jeune, pour accomplir ce projet si complexe, et ambitieux ? Et bien: sans vouloir vous paraître orgueilleuse, j'ai toujours eu beaucoup de facilité à l'école et dans toutes les matières, alors tout ça m'a beaucoup aidé.

Et puis, comme le dit ma mère: si tu as la motivation pour quelque chose et que tu te donnes les moyens d'y arriver, peu importe le temps qu'il faut! Tu y parviendras: il faut croire en soi! Et pour moi c'était un peu compliqué.

Mon boîtier de communication était maintenant opérationnel. Mais il était bien trop gros pour Poupi, qui n'avait plus de secret pour moi! Nous étions encore plus complices et inséparables qu'à mes douze ans!

Il m'a très vite confié qu'il adorait pouvoir communiquer avec moi en toute transparence mais mon boîtier était trop lourd...

J'ai donc entrepris de l'améliorer afin qu'il soit plus confortable pour mon fidèle ami, en parallèle ma mère, que j'avais mise dans la confidence, s'occupa des démarches pour le dépôt du brevet de mon invention. Cela faisait deux ans déjà, et j'avais réduit la taille du boîtier quand Poupi, que je n'avais pas eu le temps de voir vieillir, nous quitta pour toujours.

Dévastée par cette perte tragique, je laissai mon projet de côté. Nous étions, ma famille et moi, bouleversés par cette tragique disparition.

Mon Poupi, mon amour de chien, celui qui m'avait soufflé cette idée folle de vouloir fabriquer ce dispositif, qui m'avait permis de vivre et de pai1ager tellement de belle choses incroyables!

Les gens ne comprenaient pas ma peine car ils ne savaient pas qu'il était beaucoup plus qu'un chien! Il était tout ce qu'il y avait de plus cher à mes yeux. Il séchait mes larmes quand j'avais de la peine, il m'accompagnait dans les moments difficiles. Il était partout avec moi, j'avais tellement de souvenirs! C'était encore plus fort car avec mon invention, il m'avait permis de vivre un amour inconditionnel durant ces quinze dernières années de fidélité qu'il avait choisi de partager avec moi. Je ne le remercierais jamais assez de m'avoir choisie le jour où nous sommes allés à l'élevage car j'ai su que c'était lui.

Je m'en souviendrai toute ma vie de ce petit chiot qui me regardait avec ses magnifiques yeux bleus comme le ciel. Il est venu me voir instantanément comme si on se connaissait depuis toujours. À partir de ce moment-là, j'ai su qu'il allait devenir l'être le plus cher à mon cœur.

C'est là que je me suis dit que ce n'était plus la peine de continuer puisque mon chien n'était plus là.

Après une discussion et énormément de pleurs, Baptiste m'a supplié de continuer pour Poupi. Car en effet, tous nos efforts, toutes nos recherches ne pourraient pas permettre aux gens de connaître ce que j'ai vécu avec mon chien.

J'ai donc repris mes recherches, et deux ans plus tard, après cette très longue discussion, j'ai fini le dispositif « POUPI » en son honneur.

Pour le moment, il existe pour les chiens et les chats, s'il fonctionne bien on pourra l'adapter à d'autres animaux.

Jane GOODALL, qui est morte en 2025, aurait sûrement aimé mon invention, elle qui disait:

« On ne peut pas partager sa vie avec un chien, ou un chat sans savoir parfaitement que les animaux ont une personnalité, un esprit et des sentiments ».

Je suis tellement heureuse d'avoir créé un système qui peut aider les gens à interagir avec leur compagnon. Car pour moi le bonheur à l'état pur est celui de pouvoir dire à ma famille que JE L'AIME au plus profond de mon cœur.

Peut-être que maintenant je vais prendre un peu de repos et pourquoi pas écrire un livre qui vous expliquerait l'incroyable histoire que j'ai partagée avec mon ange gardien, ou le garderais-je pour moi?

À vous de vivre votre belle histoire!

Abigaël HENNEQUART

Charlène

Blair Waldorf

 

Mon petit royaume s'écroule, mon père est arrêté pour détournement de fonds.

L'amant de ma mère l'a quittée. Mon petit frère décède d'un cancer. Je veux retourner en arrière, pouvoir profiter de ma famille réunie et heureuse.

 

Treize ans plus tôt...

 

Je viens d'avoir quatre ans, ma maman m'emmène à la maternelle, elle m'avait expliqué qu'à l'école on doit être sage et bien écouter sinon on nous met le bonnet d'âne et on nous tape les doigts. Ma maman et moi sommes devant le portail. Une grande brume se rapproche de nous et nous salue. C'est censé être ma maîtresse,

elle me fait peur, ça promet. ..

 

Trois ans plus tard...

 

Devinez quoi, mon ancienne maîtresse de maternelle (qui s'appelle Émilie Chassons et qui est très cruelle) a trouvé le moyen de devenir ma maîtresse pendant les années de primaire à venir. Mais bon, pas grave, Herrique, mon petit frère est à mes côtés.

Cinq ans plus tard...

 

Je ne vais pas au même collège que mes copines, on vient de diagnostiquer un cancer du cerveau à mon frère. Bref rien ne va, j'ai aussi appris que ma mère a un amant, mais bon l'important c'est qu'elle soit heureuse.

 

Quatre ans plus tard...

 

À peine arrivée au lycée, je me retrouve dans un triangle amoureux: d'un côté Nathaniel Archibald, un beau jeune homme riche et sportif. Et de l'autre côté Charles Basse, un millionnaire narcissique et égoïste. Les deux me plaisent énormément, mais je dois me concentrer sur mes études si je veux avoir une chance de rentrer à Yale, j'ai déjà envoyé ma candidature.

Trois ans plus tard...

 

Yale a refusé ma candidature, mon père est en prison, mon frère a été enterré hier et ma mère est en dépression après sa rupture avec son amant. Moi, je suis allongée dans mon lit avec un livre, je regarde la pluie tomber à travers la fenêtre de ma chambre. Mais maintenant je comprends ce que j'aurais dû comprendre il y a bien longtemps, chaque choix, chaque décision a une répercussion sur l'avenir de tous.

Et cette répercussion est plus ou moins grave, comme mon père qui a voulu gagner plus d'argent et qui n'a pas pu réfléchir avant d'agir. Bon, j'arrête là ma morale, je vais commencer à lire mon roman. Je suis déjà à la vingt et unième page du roman, il est plutôt... Je sursaute ! La porte s'ouvre, j'aperçois une ombre, un homme je suppose, il s'approche et sort un couteau, sa lame brille...

Charlène VEYRON

Clara

L'île aux fruits d'or

 

 

Il y a quelques semaines, je partis au large dans mon navire sur la mer Méditerranée. J'ai préparé mon équipage pour quatre mois. Notre départ était à Marseille et nous devions faire tout le tour de la mer. Nous souhaitions découvrir l'aventure, ce que ça faisait d'être marin, et tout ce qu'il pouvait arriver.

 

Un premier mois passa. Les conditions furent difficiles, beaucoup de vents et de vagues passèrent au-dessus du mât de beaupré. Du haut du nid de pie, je regardais les vagues, et cela me faisait penser à tout ce que j’affrontais et à mon rêve que je réalisais enfin ! Les voiles bougeaient, la proue avant cassait toutes les vagues, le temps empirait et des minis tourbillons se formaient sans arrêt autour de nous.

Enfin, cette tempête s'apaisa et j'aperçus une petite île où je décidai de m’arrêter. C'était curieux, elle n'apparaissait pas sur ma carte !

 

Pendant mon exploration, je découvris plein de petits fruits qui n'existaient pas en France. Tout à coup, un vieil homme nous arrêta et nous dit : « Surtout, ne mangez pas ce fruit, il est toxique ! » Il était assez gros ; à l'intérieur, gris avec des pépins noirs, et à l'intérieur de ces pépins il y avait un jus bleu et une coque de couleur jaune. Mais un de mes marins, curieux, en goûta un: il se sentit mal et et finit par mourir sur place. Nous restâmes plusieurs jours sur l'île. Tout à coup, celui que nous avions cru mort se réveilla et recracha plein d'or ! Ce fruit magique endort donc pendant plusieurs jours et apporte la fortune ! Ce fut notre plus grande découverte.

Alors j'ai décidé de prendre tous les fruits. J'en ai parlé à mon équipage : il était d'accord, ainsi nous pourrions refaire plein de nouveaux voyages !. .... En deux jours nous réussîmes à récolter la plus grande quantité des fruits de l'île : nous étions prêts à rentrer! Mais j'ai eu une idée en revenant à Marseille : nous passerions aux frontières des pays les plus pauvres, afin de les faire profiter de notre richesse !

Du coup notre excursion dura plus longtemps que prévu, mais cela valait mieux de rester plus longtemps et de passer de bons moments avec mon équipage : ce fut le meilleur moment de notre vie !

Clara DELAVAULT

Logan JAMES

À l'aube, je fus réveillé par la faible lueur du soleil qui commençait à peine à se lever. Je descendis les marches de l'escalier avec un léger mal de crâne. Peut-être était-ce dû à la lumière de la lune qui perçait mon rideau, je n'avais pas dormi tant que ça, je m'étais couché vers minuit mais la lune m'avait obligé à fermer mon rideau.

Mon petit déjeuner avalé, je m'habillai et je sortis en direction du musée Henry Montant, le plus grand musée de la région, où je travaille en tant que commissaire-priseur spécialisé en œuvres d'art et sculptures du XVIIe siècle. En arrivant au musée, je découvris le camion blindé contenant les œuvres à vendre cet après-midi-là aux gens fortunés qui se délectent de ces tableaux. J'entrai dans le musée et Arthur m'interpella et me dit : « Bonjour Jean, comment vas-tu

? On a reçu la réserve du musée du Louvre ! Les tableaux sont magnifiques ! » Arthur est l'un de mes assistants, il m'aide à l'estimation des tableaux, à l'organisation des ventes, bref il fait presque plus que moi en termes de travail.

Soudain, je vis un tableau à l'ambiance très sombre avec une dame au centre, au regard noir, qui semble fixer celui qui la regarde mais sans lâcher du regard jusqu'à détourner les yeux d'elle.

 

Pendant que je regardais cet étrange tableau, l'air me parut plus frais. Chose bizarre car le musée est chauffé et la matinée était plutôt chaude pour un mois de septembre. Cet air froid me paralysa littéralement! J'insiste sur ce mot car j'avais essayé de détourner les yeux d'elle, mais elle semblait ne pas vouloir que je le fasse, c'était comme si on était prisonnier de son regard envoûtant et paralysant ! C'était vraiment très étrange, vraiment ! Cette idée d'être prisonnier d'une personne fictive rien qu'en regardant son tableau !

Calme et posé, je réfléchis tout d'abord : comment était-ce possible ? À quoi était-ce dû ? Parce que ce n'est pas possible, un tableau paralysant, non. Peut-être était-ce moi qui étais fatigué à cause de cette lune blanche comme l'ivoire, qui perçait mon rideau. Cela aurait été probable, en effet. Mais ? Et cette impression de fraîcheur et d'angoisse que je ressentais vis-à-vis de ce tableau ? Mystère... « Allons, me dis-je, pensons à autre chose et concentrons-nous sur cette vente, qui serait peut-être la plus importante de ma carrière. »

 

Soudain, Arthur cria mon nom ! Je me précipitai vers lui et il me dit : « Jean ! C'est terrible ! Louis, qui tenait le tableau de cette étrange dame, s'est écroulé après ses quelques pas avec le tableau en main ! » J'accourus vers Louis qui reprenait ses esprits. Il semblait terrifié et son visage livide, blanc, son corps tremblait comme s'il avait froid. Je compris tout de suite le rapport avec cette étrange dame du tableau. Arthur demanda à Louis ce qui s’était passé et il répondit : « On m'a demandé d'emmener ce tableau au coffre-fort du musée pour le mettre en sécurité avant la vente, mais dès que je l'ai saisi, je fus pris d'un frisson qui me paralysa. Je ne me souviens plus du reste. Qu'est-ce qui m'arrive ? J'ai froid... » On appela une ambulance pour Louis qui partit aux urgences.

 

Je m'approchai du tableau et j'eus l'impression que, pendant une demi-seconde, les yeux de la dame du tableau me regardaient mais soudain ils revenaient à leur place d'origine ! Avaient-ils bougé ? Je n'avais pas vraiment envie de savoir, étant de nature peureuse, mais cette dame, cette peinture, étaient vraiment, très, très étranges.

 

Le soir, la vente commença. Quand vint le tour du tableau, des gens sortirent de la salle précipitamment en titubant. Il fut acheté par un riche comte anglais passionné par les objets d'art ayant un passé ou une histoire sombre.

 

La vente terminée, je rentrai chez moi, fatigué de cette journée et inquiet de l'état de santé de Louis. Il m'informa que lui aussi avait mal dormi cette nuit-là et que sa fatigue devait être la cause de son écroulement, mais il se portait bien et m'apprit qu'il sortirait le lendemain matin si tout allait bien.

Je ne sais pas quoi penser de ce tableau ni de ce qui s'était passé réellement. Une dame au regard paralysant ou la fatigue due au manque de sommeil? Je n'en saurai probablement jamais rien...

Logan JAMES

Louise REVOLLET

Diablotins au musée

 

Est-ce que vous saviez que dès la fermeture des portes du musée, le Louvre devenait un monde étrange? Toutes les lumières sont éteintes, la pénombre règne, enfin presque: une douce clarté émane d'un lustre, qui se trouve dans la galerie d'Apollon. Soudain, un fantôme s'en extirpe et flotte quelques temps dans le vide, tournant la tête de droite à gauche pour surveiller les environs. C fantôme est une fille prénommée Anne, et ses boucles brumeuses tombent en cascades sur son dos, tandis que ses yeux gris perle scannent les lieux déserts. Elle s'assure qu'il n'y a personne et s'avance doucement. Elle traverse plusieurs couloirs, dévale des escaliers, pour finalement se retrouver face à la célèbre Joconde.

« - Bonjour très chère ! Lance celle-ci, quel bon vent t'amène donc ?

Oh je m'ennuyais toute seule, lui dit Anne

Toi qui aime faire de belles rencontres, j'ai entendu dire qu'il y avait de nouveaux arrivants au premier étage, une collection qui s'appelle les « copistes », tu pourrais aller les voir, va demander à la dentellière où ils se trouvent, elle aura plus de précisions à te donner que moi.

Oh merci ! J'y vais de ce pas ! Au revoir ! »

Et Anne s'élança en direction du tableau de la dentellière pour quelques renseignements. En chemin, elle croisa le tableau « les noces de Cana ». Sur cette peinture, les gens riaient, buvaient, chantaient et dansaient, ils la saluèrent aimablement, et elle continua tranquillement sa route souriant aux uns et aux autres poliment. Enfin, elle arriva devant le tableau de la dentellière. Celle-ci trop occupée et absorbée par son travail, ne la remarqua même pas, Anne toussota pour lui signaler sa présence, et cette dernière sursauta prise de court.

«. - Oh bonjour Anne ! Comment vas-tu ? Lui demanda la dentellière.

-Très bien, en fait j'aurais bien besoin de ton aide, c'est pour... commença Anne.

-Tu veux en apprendre plus sur la dentelle mais oui ! Je suis ravie que quelqu'un partage enfin ma passion pour l'art délicat de la dentelle ! S'écria-t-elle.

Euh, en réalité c'est juste pour savoir...

Commençons par les bases, il y a trois sortes de points de dentelles, le jeté, le surjet simple et le surjet double...

En réalité, j'avais juste besoin de renseignements sur l’exposition qui s'appelle « copistes » ... mais l'univers de la dentelle est tout aussi passionnant … Dit Anne pesant chacun de ses mots, mais néanmoins pressée d'aller saluer les nouveaux tableaux.

Mais bien sûr! Je suis désolée, tu sais combien j'ai tendance à m'égarer et me disperser, j'ai une personnalité un peu débordante quand il s'agit de dentelle... S'excusa la dentellière, c'est très simple, tu prends à gauche, tu vas tout droit et enfin tu prends à droite, l'exposition est dans une salle de taille moyenne, et certains tableaux sont encore recouverts pas des draps.

Merci beaucoup ! » la remercia Anne.

Elle s'élança et suivit les indications de la dentellière, salua des guerriers, des militants et des rebelles qui se combattaient vaillamment et sans relâche sur leurs tableaux. Elle tourna à droite et passa devant des cadres magnifiques, des plaques ornementées, des célèbres huiles sur toile et des gravures ouvragées, Anne arriva bientôt dans la salle d'exposition, et se retrouva nez à nez avec un tableau presque entièrement vert mis à part un petit kiosque dans le fond, envahi par des roses aussi rouges que Je sang. Il n'y avait que deux personnages sur ce tableau, un drôle de bonhomme au nez crochu, ses mèches de cheveux lui tombant sur les yeux. Il portait un pourpoint rouge avec une chemise blanche. A côté de lui se tenait une femme au visage rond allongée contre le tronc d'un hêtre. Elle avait une robe blanche et rose qui la faisait ressembler à un bonbon. La robe en question semblait conçue pour occuper le plus d'espace possible : au moins trois couches de dentelle, puis une épaisseur de soie sûrement venue de Chine, et enfin un léger voile presque transparent par- dessus.

Entre ses doigts fins et délicats, elle tenait un éventail de plumes blanches qui semblait extrêmement fragile.

Le monsieur tendait sa main à la petite dame dans une demie-courbette, et celle-ci le regardait malicieusement. Une petite étiquette indiquait : « Copieuse non coupable », Hélène Delprat. Ces deux personnages n'inspiraient rien de bon à Anne... mais alors rien de bon du tout... Leurs airs vicieux et manipulateurs allaient hanter ses nuits et ses jours, elle en était certaine, mais elle osa tout de même aborder les deux personnages avec prudence.

« - Bonjour, je m'appelle Anne, et vous ? Pas de réponse de leur part.

Est-ce-que vous allez bien ? » Insista-t-elle.

Toujours pas de réponse. Préoccupée, elle effleura la toile du bout des doigts pour essayer d'obtenir une réaction de leur part.… en vain. Anne se retourna, et se promis de leur rendre visite demain soir, lorsqu’elle entendit un craquement. Elle se retourna, l'esprit en alerte, observant les alentours, ses yeux tombèrent alors sur le tableau vert, puis s'écarquillèrent d'effarement, les deux personnages ne se trouvaient plus sur la peinture ! Il ne restait que le paysage, et un petit éventail de plumes blanches ... elle allait se précipiter vers le tableau, lorsqu’un ricanement lui fit baisser la tête, le monsieur et la petite dame se tenaient là, la fixant de leurs yeux sournois.

« - Qu'est-ce que tu cherches donc petite? Lui demanda l'homme.

Je... mais... votre tableau... comment en êtes-vous sortis ?! C'est impossible! S'écria Anne stupéfaite.

Comment veux-tu qu'on le sache? Lui répondit la femme.

Mais... mais... retournez-y, et vite! Bégaya Anne.

Non non, on préfère s'amuser un peu avant dit l'homme malicieusement.

-Ah ça non! Retournez-y tout de suite! s'exclama Anne.

Ce n'est pas toi qui va nous y forcer, lui répondit la femme.

Je suis d'accord, renchérit l'homme.

Et sur ces paroles, ils lui tirèrent la langue tel des enfants de trois ans, puis s'enfuirent en courant. Anne resta quelques instants hébétée, reprit ses esprits et partit à la poursuite des deux troubles fêtes. Anne s'élança dans un couloir, puis un autre, passa devant le portrait de la dentellière en trombe et s'arrêta pour reprendre son souffle devant « les noces de Cana». Un danseur sûrement un peu ivre lui dit :

Tu cherches la meringue rose et le petit farfadet ?

Oui, peux-tu me dire où ils sont partis? Demanda Anne.

Il lui indiqua le couloir de droite, qu'Anne emprunta aussitôt, et suivit le bruit des petits pas qu'elle entendait au loin, ils la conduisirent vers la galerie d'Apollon. Elle entra en coup de vent, et dévisagea la pièce bouche bée : les deux petits personnages avaient visiblement la faculté de traverser les vitrines qui protégeaient les bijoux car plusieurs colliers étaient par terre, des pierres précieuses étaient éparpillées ici ou là, et ces deux diablotins étaient en train d'essayer les bijoux. La femme avait passé plusieurs bagues et bracelets, et se tenait maintenant devant une vitrine pour s'admirer. L'homme quant à lui avait enfilé la couronne sur sa tête et paradait sur le sol. À la vue d'Anne, tous deux se tournèrent vers elle et dirent en cœur :

« Au revoir ! » et ils détalèrent en délaissant bijoux, or et pierreries. Et la chasse continua ainsi. Dès qu’Anne les retrouvait, ils étaient pendus à un lustre, enroulés dans des tapis. Ils avaient même osé tirer la langue à la Joconde qui allait passer le restant de la nuit à fulminer. Anne, essoufflée après cette course poursuite dans tout le musée, cherchait les deux petits chenapans, impossible ! Ils avaient disparu. Anne continua sa route et se retrouva dans la salle de la momie, il n'y avait que celle-ci pour lui donner un conseil, et pour que les deux fuyards retournent dans leur tableau. Anne s'approcha doucement d'un sarcophage, c'était l'illusion de la pharaonne qui était maintenant enveloppée de bandelettes.

« Que cherches-tu? » lui demanda la momie.

J'ai besoin de tes conseils, est-ce que tu peux m'aider? lui demanda Anne en attendant que la momie acquiesce pour continuer :

Je suis allée voir l’exposition « copistes », j'ai effleuré la toile, et d'un coup, les deux personnages en sont sortis et ne veulent plus y retourner r Je leur cours après depuis si longtemps ... soupira Anne.

Oh mais c'est très simple, si tu les fais rentrer dans un tableau, n'importe lequel, ils seront aussitôt ramenés vers le leur, et il te suffira de ne plus toucher à leur toile, expliqua la momie. Mais je pense que tu vas avoir besoin de l'aide des autres tableaux.

Merci, merci beaucoup, je vais tout de suite les rattraper ! » S'exclama Anne.

Anne réfléchit, pour que les deux personnages acceptent de rentrer dans un tableau, il faudrait les appâter... qu'est-ce que ces deux chenapans du dix-neuvième siècle pouvaient convoiter? Anne claqua des doigts. Trouvé ! Ne restait plus qu'à demander l'aide de quelques amis. Elle se précipita vers la Joconde, puis vers la dentellière, puis réunit ces deux personnages avec ceux « des noces de Cana », et maintenant tous ses amis l'écoutaient attentivement.

« - Bon vous avez dû vous rendre compte qu'il y avait deux intrus étranges au Louvre récemment. Commença Anne.

Ils ont un peu saccagé la salle des bijoux de Napoléon ! Railla un homme tout en jaune.

Et pas qu'un peu! Précisa un deuxième qui devait sûrement en être à son vingtième verre de vin.

Oui bon... j'ai un plan pour les arrêter. S'ils rentrent dans un tableau, ils retourneront automatiquement dans le leur. Leur expliqua Anne.

Donc tu veux trouver un moyen pour les appâter, c'est ça? Supposa la dentellière.

Exactement ! S'exclama Anne, et quelles sont les façons pour s'occuper au dix-neuvième siècle?

En faisant la fête! S'extasia un homme en rouge.

Voilà, donc il suffit de les faire venir dans votre tableau, et pour cela je vais avoir besoin de votre aide. » Dit Anne en se tournant vers la Joconde et la dentellière.

Après avoir écouté le plan de Anne, les deux femmes peintes, se préparèrent, et le plan se mit en marche. Les deux crapules arrivèrent bientôt devant elles.

Mais quelle superbe fête c'était, n'est-ce pas? Questionna la dentellière.

Oui absolument ! Lui répondit la Joconde.

Que de danse et de musique ! C'était exaltant! Renchérit la première.

Nous aurions-pu y rester un peu plus longtemps, les personnages des Noces de Cana ont un goût exquis pour organiser des fêtes ! » Compléta la deuxième.

Les deux fuyards, quant à eux, n'avaient pas perdu une miette de la conversation, et se précipitèrent vers « les Noces de Cana ». Ils allaient si vite, qu'ils ne remarquèrent même pas Anne qui était cachée derrière un pilier... Ils arrivèrent derrière un tableau, observant les danseurs, les musiciens... Finalement, ils se regardèrent, puis la petite dame dit :

« Ils ont l'air de bien s'amuser! >>

L'homme acquiesça, et ils échangèrent un sourire entendu. Aussitôt, i1s se hâtèrent de sauter droit dans le tableau, alors une lumière blanche et aveuglante rayonna, et les deux personnages disparurent. Anne se précipita en direction du tableau vert pour s'assurer que les deux personnages y seraient, mais horreur ! Ils étaient bien sur le tableau, mais s'effaçaient et se brouillaient petit à petit, et ils disparurent complètement quelques secondes plus tard. Anne regarda le tableau éberluée et désespérée.

« - Non, non, non ! Je n'ai quand même pas fait tous ces efforts pour rien l >> Sanglota-t-elle.

Elle eut alors la mauvaise idée d'effleurer le tableau une deuxième fois... catastrophe! Son bras fut aspiré par la toile, puis son corps tout entier, et finalement, elle se retrouva piégée à tout jamais par cette toile.

 

 

 

 

Nom de l'œuvre: « Copieuse non coupable » Hélène DELPRAT 2025

 

L'œuvre dont je me suis inspirée s'appelle « Copieuse non coupable ». Elle a été réalisée en 2025 par Hélène Delprat et fait partie de l'exposition « Copiste » au Centre Pompidou-Metz, en collaboration avec Je musée du Louvre.

Les « copistes » sont des personnes qui refont des œuvres d'art déjà existantes, soit pour apprendre, soit pour les montrer autrement.

Hélène Delprat a créé cette œuvre en s'inspirant du tableau de Thomas Gainsborough, « Conversation dans un parc », réalisé entre 1746 et 1748.

 

 

Capture d'écran de l 'œuvre visible sur le site du musée du Louvre. https://www.louvre.fr/expositions-et-evenements/expositions/copistes

 

L'exposition est visible du 14 juin 2025 au 2 février 2026.

Mahalia

Vie d'enfer

Le 22 janvier 2025, ma vie a changé. Ma mère venait de mourir devant mes yeux. Elle avait été assassinée. Moi, j'ai réussi à m'en sortir vivante; elle, elle m'avait protégée. Elle était morte à cause de moi. Le pire, c'est qu'on était en train de se disputer quand c'est arrivé. Les dernières paroles qu'elle a entendues c'est que je la détestais et qu'elle me pourrissait la vie. Ma mère, ma propre mère, est morte en me sauvant alors que je l'avais insultée, j'avais été irrespectueuse, juste quelques secondes avant. Ça ne l'a pas empêchée de se sacrifier à ma place. Je me souviens de son sang qui s'est écoulé sur le sol, de son regard plein d'amour quand elle s’est retournée, du couteau qui l'avait poignardée et de moi, qui regardais cette scène, impuissante. Maintenant, je vis seule avec mon père, dans une maison isolée sous de grands arbres. Je suis la seule coupable de la mort de ma mère, la seule. Je m'en veux énormément et j’en suis traumatisée. J'ai alors décidé d'écrire ce journal. Si quelqu'un le lit un jour, sachez que je ne veux pas votre pitié, je veux que vous me détestiez, je ne veux plus recevoir l’amour des gens autour de moi car je ne le mérite pas. La vie est courte alors profitez, car chaque seconde peut être la dernière ...

22 février 2025

Aujourd'hui, c'est la première fois, depuis son décès, que je vais en cours. La journée a été très longue. Je suis restée seule, au pied d'un arbre, à contempler le goudron qui ornait le sol de la cour. Mes amies m'avaient toutes abandonnée, aucune n'avait pris de mes nouvelles pendant mon deuil, elles ne s'étaient même pas aperçues de mon absence, à coup sûr. Maman me manque. Quand je suis rentrée, je n'ai pas vu ton visage bienveillant qui me souriait et me demandait comment ma journée s'était passée avant de déposer un baiser sur mon front. J'ai pleuré, j'ai beaucoup pleuré. En ce moment, il ne se passe pas un jour sans que je verse toutes les larmes de mon corps jusqu'à ce qu'il se soit vidé de toute trace d'eau. Je mange aussi, énormément. Quand je mange, je ne sens plus ma douleur. J'ai grossi en un mois. Maman, je sais que tu ne serais pas heureuse en me voyant dans cet état mais tu n'es plus là pour me réconforter, pour m'aider, pour me faire rire. Alors voilà ce que je deviens ... Tu me manques tellement, maman.

27 février 2025

C'était la rentrée aujourd'hui. Et ça s'est très mal passé. Beaucoup de personnes se moquent de moi en disant que je suis grosse, que ça ne les étonne pas que ma mère soit morte tellement je suis laide et inutile. Je décide de ne pas les écouter, de rester dans ma bulle. Papa fait de son mieux pour me rassurer. Malheureusement, il ne le fait pas comme toi, maman. fl ne pourra jamais être identique à toi. Je suis blasée de tout. Je n'ai plus aucun goût à la vie. Si seulement ce jour-là, on n'était pas allées faire les soldes toutes les deux, si on était restées au chaud à la maison, tu serais encore là aujourd'hui. Ça me tue de penser ça. Je suis seule et coupable.

 

 

7 mars 2025

C'est de pire en pire. Tout le lycée maintenant se moque de moi. Sauf le nouveau. Il est dans ma classe et il est bien le seul à ne pas me critiquer. Il m'intrigue. Il n'a pas l'air méchant mais j'ai peur d'aller l'aborder. Peut-être qu'un jour, c'est lui qui viendra vers moi. J'en doute, je suis tellement repoussante, il aurait mieux à faire avec d'autres filles. Là je suis en train de faire mes devoirs, mais je n'arrive pas à me concentrer. Mon téléphone n'arrête pas de vibrer. Des insultes, des menaces arrivent jusqu'à moi à cause de ce petit appareil. J'essaie de les ignorer mais c'est très compliqué. Je me sens mal...

15 mars 2025

Rien n'a changé. Je suis toujours la victime du lycée. Je regrette tellement mon enfance. J'avais plein d'amies. Ma mère était tout le temps avec moi. Je souriais tout le temps. J'étais une petite fille heureuse et radieuse. Maintenant, je suis une adolescente renfermée, perdue, seule, toute seule. Mais aujourd'hui, le garçon est venu me parler. Il s'appelle Jacob. Il est assez gentil, même si je ne lui ai pas parlé très longtemps. Je ne sais pas s'il m'a appréciée. Je ne sais pas s'il va revenir discuter avec moi demain. On verra bien. Mais, en tous cas, quand il m'a abordée, je me sentais un petit peu comprise; comme si on faisait attention à moi, je n'étais plus invisible. Mais ça a duré un très court instant, car dès qu'il est parti les insultes ont fusées, les menaces aussi. J'ai peur...

8 avril 2025

Hier, Jacob est venu me demander si je voudrais sortir avec lui. Je lui ai répondu que oui et on s'est embrassés. C'était magique. Je me suis sentie aimée. C'est la première fois qu'un garçon m'embrasse et pour une première, c'était merveilleux. Mais même si je suis avec lui, je ne suis pas jolie, on ne cesse de me le répéter. Je vais finir par le croire. Suis-je aussi laide qu'ils le disent? Suis-je si repoussante, si nulle, si grosse? Je ne sais pas quoi faire. Je suis perdue. J'ai beaucoup de mal avec mon poids, je ne peux pas m'empêcher de manger, sans ça je ne pourrai pas survivre. Est-ce qu'ils se rendent compte à quel point je souffre? À cause d'eux. À cause de Maman. J'aimerais vraiment que ça s'arrête. J'aimerais remonter le temps, pour réparer mes erreurs.

23 avril 2025

Je vis un conte de fée avec Jacob. Il est juste parfait. Je crois que je suis amoureuse de lui. À côté de ça, il y a l'enfer quotidien. Alors j'essaye de passer le plus de temps possible avec Jacob mais ça ne suffit pas. Je n'arrive plus à ignorer leurs moqueries incessantes, leurs injures violentes. Aujourd'hui je me suis coupée avec un couteau quand j'étais en train de faire un gâteau. J'ai découvert que, quand j'ai mal, j'oublie mon malheur. Alors voilà., maintenant, dès que je ne vais pas bien, c'est-à-dire souvent, je m'entaille la peau avec un scalpel, une paire de ciseaux ou même un cutter. Grâce à ça, j'oublie tous mes problèmes, je pense seulement à mon sang qui dégouline sur le sol. J'aurais aimé être une fille forte, j'aurais aimé pouvoir faire comme si tout allait bien, j'aurais aimé crier au monde à quel point je suis détruite. Mais je n'y arrive pas. Je garde tout ça pour moi...

14 mai 2025

J'ai couché avec Jacob hier soir. C'était fantastique. Pendant une heure, je n'ai pensé à rien. C'était tellement agréab1e. Mais ensuite, en revenant à la maison et en lisant tous les messages que j'avais reçus, je me mis à pleurer. Encore pleurer. Puis j'ai décidé que ça ne servait à rien de me morfondre. J'ai donc pris une lame et je me suis blessée. C'est la première fois que je m'entaille autant et aussi violemment. Je préfère ça plutôt que de recevoir des insultes. Je pense que demain, ça va se voir. Mais je m'en fiche, je veux qu'ils sachent à quel point ils me détruisent. Je n'en peux plus. Si je suis encore vivante aujourd'hui, c'est uniquement grâce à Jacob. Je m'accroche à la moindre prise mais je pense que je vais bientôt tomber dans le vide et personne ne viendra me sauver...

25 mai 2025

Jacob est bizarre en ce moment. Il ne me par1e presque plus et le peu de fois où il vient vers moi, c'est pour s'énerver. Alors je le laisse faire. Il m'a même attrapée brusquement par les épaules tout à l'heure. Mais je me dis qu'il doit être fatigué. Je l'aime vraiment beaucoup et je n'ai pas envie de le perdre, je ne le supporterai pas. Il est ma bouée de sauvetage. Sans lui je me serais noyée depuis longtemps. Il est indispensable à ma vie. Je l'aime comme une folle et je serai prête à tout pour lui. Mais le problème, c'est que je ne sais pas si je lui suffis...

7 juin 2025

Jacob est de plus en plus agressif avec moi. Il m'a fait très mal au bras. J'ai une grosse marque. Vous me direz, une blessure de plus ou de moins ne fera pas de différence. En rentrant, je me suis brutalisée, je me suis tapée jusqu'à ce que du sang s'écoule sur le sol. Cette scène m'a immédiatement fait penser à la mort de maman. Alors j'ai pleuré. J'ai pleuré à cause de ma mère, à cause de moi-même. Je ne me supporte plus. Je suis une moins que rien. Je suis inutile et sans intérêt. Je pense que maman est morte en pensant que j'étais une erreur et que j'aurai mieux fait de mourir. Et si elle avait vraiment pensé ça? Et si elle était déçue de moi? J'en ai mal au ventre. Je suis en train de devenir folle, ce n'est pas possible. Parfois, ça m'arrive de penser voir son visage qui me sourit, ses bras grands ouverts pour m'accueillir. Mais à chaque fois, c'est une illusion. Une très belle illusion. Si maman était là, je suis sûre que je n'en serais pas là aujourd'hui. Mais elle n'est plus là. À cause de moi...

26juin 2025

Je n'en peux plus. Mon corps est recouvert de séquelles, de cicatrices ou de blessures ensanglantées. C'est une catastrophe je fais n’importe quoi. Je suis désespérée, perdue, seule. Je ne suis même plus sûre de pouvoir compter sur Jacob. Il n'est plus le même, il a changé et ça m'inquiète. Ça me fait peur aussi. Très peur. Je ne suis vraiment pas bien. Pourquoi est-il aussi différent? Pourquoi je n'ai pas su défendre maman? Pourquoi je ne suis pas morte? Je veux disparaître, je ne veux plus vivre cet enfer. Je ne peux plus...

 

 

3juillet 2025

C'est mon anniversaire aujourd'hui. J'ai seize ans et mon corps est aussi abîmé que si j'en avais soixante. Jacob est venu me voir pour m'offrir une jolie bague ornée de strass rose. Ensuite, on est monté dans ma chambre. Il m'a embrassée et m'a poussée sur le lit. Il m'a dit que je ne serai pas prête d'oublier ce jour car il va me faire vivre un moment fabuleux. Mais je n'avais pas envie d'avoir un rapport sexuel avec lui ce soir. J'ai refusé et il s'est énervé et m'a forcée à l'embrasser. J'étais coincée entre son corps imposant et mon lit. Il m'a alors déshabillée sans mon accord, pendant que je criais pour qu'il me lâche. Il m'a giflée, très fort et il a hurlé que si je ne voulais pas souffrir, je n'avais pas intérêt à me débattre. J'ai eu peur de lui à ce moment alors j'ai arrêté de lutter et je l'ai laissé faire ce qu'il voulait de moi. Il s'est déshabillé et il m'a violée. Il a fait de moi sa chose, alors que je l'aimais et que j'avais confiance en lui. Il a pris des photos aussi et il m'a promis de ne les montrer à personne. Cet enfer a duré près de deux heures. Deux heures d'agonie. Quand il s'est enfin arrêté, il m'a dit que j'avais intérêt à me taire sinon il me ferait du mal. Et puis il est parti et je me suis mise à pleurer. Je venais de me faire violer par la personne en laquelle j'avais le plus confiance...

16 juillet 2025

Jacob est revenu chez moi aujourd'hui. J'ai paniqué en le voyant entrer dans ma chambre. Je ne voulais pas revivre cet enfer. Quand il a commencé à me forcer à me déshabiller, je l'ai repoussé. Il m'a menacée, mais j'étais décidée à me défendre. Alors, je lui ai dit que c'était mort pour aujourd'hui. Il m'a violemment giflée. J'ai eu très mal mais j'ai réussi à lui asséner un coup dans la mâchoire. Il m'a lâchée et m'a insultée. Ses insultes ont coulé sur moi comme des braises. Ses paroles m'ont blessée mais j'avais l'habitude. Il est parti ensuite. Je me suis laissée tomber le long du mur et je me suis pincée, pour être sûre que ce soit la réalité. Malheureusement j'étais bel et bien éveillée. Alors je me suis torturée. Encore ...

25 juillet 2025

Jacob a publié sur les réseaux les photos qu'il a prises pendant qu'il m'agressait. Tout le monde m'a traité de prostituée et d'imbécile. Je n'en peux plus. C'est la fois de trop. Maman, je suis désolée si tu es déçue de moi, je ne peux plus continuer. Papa je t'aime, je te remercie pour tout ce que tu as pu faire pour moi. Je ne te mérite pas. Jacob je t'en veux énormément mais je t'aime toujours autant Étonnant puisque tu m'as détruite mais tu restes mon premier amour. J'espère que toutes les personnes qui m'ont fait du mal s'en voudront et regretteront leurs actions. J'ai loupé ma vie. Je dois mourir. Je ne sais même pas s'il y aura quelqu'un qui viendra me pleurer. Je m'appelle Amélia Fray. J'ai seize ans. Je suis une adolescente perdue et inutile au bon fonctionnement du monde. Le monde est ingrat et la seule façon d'y survivre c'est d'avoir ce grain de méchanceté qu'a l'humanité. Le temps et les Hommes sont cruels. Aucun des deux n'a de pitié. Je n'avais rien fait à personne mais ils ont décidé de s'acharner sur moi. Je le méritais après tout. J'avais causé la mort de ma mère alors bon, peut être que c'est mieux que je disparaisse. Peut-être que mon existence était vouée à l'échec. Peut-être que je suis une erreur, que je n'aurai jamais dû venir au monde, peut-être que tous ces gens avaient raison, peut-être qu'ils ne faisaient que dire la vérité. Je ne devais pas exister. Je m'en veux énormément mais tel est mon destin...Je suis Amélia Fray et je vais mourir.

Mahalia MUNYAMAHORO

L'homme aux grandes oreilles

 

Monsieur Dupuit, Georges Dupuit, avait de grandes oreilles. Il avait par ailleurs un aspect tout à fait charmant. C'était un homme d'environ trente-cinq ans, de taille moyenne, les cheveux bruns. Il avait les yeux bleus et la peau d'un homme qui aimait jardiner. Son apparence était en somme très convenable. Seules ses grandes oreilles le tourmentaient, car il ne leur avait pas suffi d'être grandes, loin de là. Il fallut qu'elles fussent décollées. Monsieur Dupuit habitait une petite maison blanche dans un quartier très comme il faut. Faisait sa fierté un jardin où il se plaisait à cultiver toutes sortes de fleurs, peu lui importait du moment que ses voisins le regardassent avec envie. Il aimait par ailleurs faire de grandes promenades.

 

Un jour qu'il se promenait dans une rue huppée de la ville, l'alarme d'une bijouterie retentit. Un homme de petite taille au visage chafouin se précipita hors de l'immeuble situé en face, balaya la rue du regard et aperçut notre homme. Il se précipita vers lui, lui fourra une enveloppe dans les mains et s'en fut. Georges Dupuit voulut le rappeler mais il avait déjà disparu. Déboussolé, le pauvre homme mit l'enveloppe dans sa poche et rentra chez lui. En passant le portillon pour entrer dans son jardin, il remarqua que ses rosiers avaient besoin d'être taillés et c'est ce à quoi il s'employa le restant de l'après-midi. Il fut absorbé par sa tâche, si bien qu'il ne repensa pas à l'incident de la journée. Le lendemain matin, alors qu'il prenait son petit déjeuner, il repensa à ce qui s'était produit la veille et sortit l'enveloppe de la poche de sa veste. Il l'observa un long moment avant de se décider à l'ouvrir. Il coupa délicatement le papier à l'aide d'un ouvre lettre et en tira une simple carte qui portait ses mots :

 

Saint Gérald, 20h, rue Michelet.

 

Monsieur Dupuit connaissait la rue Michelet et vingt heures semblait être une indication suffisamment claire, mais que diable pouvait bien signifier Saint Gérald ? Il tourna en rond un long moment, son esprit peinant à éclaircir la situation. C'est alors que son regard se posa sur le calendrier, accroché au mur par un clou. On était le cinq décembre, jour de la Saint Gérald. Georges Dupuit n'était pas un grand amateur de danger, mais sa curiosité était plus forte que son instinct de conservation. Par conséquent, il prit la résolution de se rendre au rendez-vous fixé le soir même. Cela étant décidé, il retourna à ses occupations.

 

À dix-neuf heures quinze, monsieur Dupuit se mit en route pour la rue Michelet, où il arriva un quart d'heure en avance. La rue Michelet n'étant qu'un chemin de traverse entre deux rues plus importantes, il n'eut pas à douter de sa destination. À vingt heures sonnantes, l'homme qui lui avait remis l'enveloppe arriva. Il le salua d'un signe de tête : « Voici le paquet », dit l'étrange bonhomme. Georges Dupuit tendit machinalement la main. C'est alors que deux hommes sortirent de l'ombre d'une porte cochère. L'un était un grand gaillard costaud du type armoire à glace, pourvu d'une calvitie et d'une grosse moustache. Le second, un homme fin de taille moyenne, qui aurait très bien pu être chauffeur de taxi, n'était pas sans une mise soignée.

 

Georges frissonna, levant les mains en l'air. Le moustachu dirigeait un pistolet vers sa personne.

« Police », dit son compagnon. Léon Clavai, vous êtes accusé d'avoir planifié plusieurs vols de tableaux et bijoux de grande valeur. Ce n'est pas votre premier coup d'essai, gredin !

- Heureusement, dit son compagnon, ce filou nous a bien aidés dans notre entreprise, dit-il en jetant un regard au voyou qui baissa les yeux, l'air contrit. Vous êtes fait comme un rat! Vous qui vous croyez malin, vous allez finir vos jours derrière les barreaux ! » Avant qu'il ait pu protester, les deux policiers embarquèrent Georges Dupuit.

 

Les jours suivants se passèrent comme dans un mauvais rêve. Georges restait assis sur son lit, fixant le mur de la cellule, mangeant trois fois par jour le repas qu'on lui servait, se levant de temps en temps pour regarder dehors à travers la fenêtre que protégeaient des barreaux métalliques. Puis vint le jour du procès. Des heures durant les avocats se donnèrent la réplique. Alors que le procès semblait gagné pour monsieur Dupuit, une jeune femme fit irruption dans la salle.

 

Sa vue fit naître une certaine émotion dans le cœur de Georges Dupuit. Elle monta à la barre et prêta serment : « Je jure de dire toute la vérité, rien que la vérité.

  • Madame, ayez l'obligeance de décliner votre identité, dit le procureur.

  • Très volontiers. Je suis Hélène Clavai, épouse de Léon Clavai depuis huit ans.

  • Cet homme est-il votre mari ?

  • Oui. Monsieur le juge, je me dois de clarifier les choses, déclara Hélène Clavai. Mon mari n'a en aucun cas commis les vols dont on l'accuse.

  • Que voulez-vous dire ?

  • Eh bien, voyez-vous, d'après les indices laissés sur les lieux des crimes, vous êtes remontés jusqu'à une personne nommée Clavai, et ce à juste titre. Mais il ne s'est jamais agi de mon mari. C'est moi qui ai commis ces vols. »

Un air d'intense surprise se peignit sur le visage de Georges Dupuit.

  • Mais... mais ... je ne comprends pas...

  • Je ne pouvais tout de même pas vous laisser aller en prison à ma place !

  • C'est gentil à vous, mais je ne suis pas Léon Clavai !

  • Ne soyez pas ridicule, mon cher! Je sais bien que vous réprouvez mes... activités au plus haut point, mais ce n'est pas un motif suffisant pour renier votre identité !

  • Ce n'est pas une question de réputation, je ne compte simplement pas aller en prison pour des crimes que je n'ai pas commis, et encore moins vous laisser vous sacrifier pour moi ! Je ne suis pas votre mari, et je peux le prouver !

 

Le juge haussa les sourcils, l'air interrogatif.

  • Mesdames et Messieurs, voyez-vous que mes oreilles sont de taille à être comparées à celles d'un éléphant? (L'assistance acquiesça vaguement.) On voit bien, sur les clichés pris de Léon Clavai, que ses oreilles ne sont en rien semblables aux miennes, elles sont toutes petites !

  • C'est vrai que ce monsieur a l'air d'avoir un pachyderme parmi ses ancêtres, fit délicatement remarquer Hélène Clavai.

  • Regardez, même ma femme admet que je ne suis pas moi ! Enfin, vous voyez ce que je veux dire.

  • C'est vrai que cette différence est frappante, une fois qu'on y prête attention, admit le procureur.

  • Monsieur Georges Dupuit, déclara le juge, à la lumière de cet élément, vous êtes déclaré innocent. Il est évident que vous n'êtes pas l'auteur de ces vols. Madame Clavai, en revanche, il me semble nécessaire de vous incarcérer, suite à vos déclarations.

  • Je vous en prie, faites, si cela peut vous faire plaisir, dit Hélène Clavai l'air indifférent.

Elle fut emmenée hors de la salle par deux policiers, tandis que monsieur Dupuit prenait congé.

 

Au cours des jours suivants, les journaux relatèrent l'arrestation improbable puis le procès de la voleuse. Georges Dupuit se sentait quelque peu inconfortable à l'idée que cette femme se fût rendue pour le sauver, même si elle pensait sauver son mari. Cette inquiétude le quitta à l'instant où elle s'évada de prison, quelques heures seulement après y être entrée. Il reprit alors le cours tranquille de sa vie. De temps en temps, alors qu'il prenait soin de son jardin, un sourire mélancolique apparaissait sur ses lèvres. Il songeait à cette femme qui avait un jour, surgissant au beau milieu d'un procès, volé son cœur.

Juliette ROSSO

JUliete ROSSO

Responsables de la publication :

Gilles TISSANDIER

Dominique BOUIX

​Webmaster :

Bernard BRIS

Logo amopa Corrèze

© 2035 par Jade & Gabi. Créé avec Wix.com

bottom of page